La bataille judiciaire qui a secoué Hollywood autour du film Jamais Plus (It Ends With Us) vient de franchir une étape décisive. Le juge fédéral Lewis J. Liman, siégeant à New York, a officiellement mis un terme à la plainte de 400 millions de dollars déposée par Justin Baldoni et sa société Wayfarer Studios contre Blake Lively, son mari Ryan Reynolds, leur agent publicitaire ainsi qu’un grand quotidien new-yorkais. Les chefs d’accusation invoquaient extorsion, diffamation et atteinte à la vie privée. La décision ne repose pas sur le fond des allégations, déjà jugées non fondées en juin 2025, mais sur un manquement procédural : l’équipe de Justin Baldoni a omis de respecter la date limite fixée par le tribunal pour modifier ses chefs d’accusation. L’acteur-réalisateur de 41 ans a manqué la date butoir du 23 juin 2025, puis une seconde échéance accordée après un avertissement du 17 octobre 2025. Ce retard a scellé le sort de sa contre-attaque.
Un classement sans suite pour vice de procédure
Dans les litiges civils fédéraux américains, les délais de procédure sont stricts. Après une requête en rejet, une partie peut demander l’autorisation de déposer une plainte modifiée. Le juge fixe alors un calendrier. Ne pas le respecter peut entraîner l’abandon des demandes. C’est exactement ce qui s’est produit. Le magistrat a estimé que Justin Baldoni et Wayfarer Studios n’avaient pas corrigé leurs actes dans les temps. La plainte est donc écartée, sans que le tribunal ait besoin de rouvrir le dossier au fond. Cette issue est d’autant plus notable que la procédure avait déjà connu des rebondissements. En juin 2025, les allégations initiales de la contre-plainte avaient été jugées non fondées. L’équipe de l’acteur disposait pourtant d’une nouvelle chance de reformuler ses accusations. Elle ne l’a pas saisie. Le juge Liman a donc tiré les conséquences de ce défaut de diligence.
Une première victoire pour Blake Lively
Cette décision constitue une victoire significative pour Blake Lively. Sa propre plainte pour harcèlement sexuel à l’encontre de Justin Baldoni reste, quant à elle, maintenue. L’actrice de 38 ans avait déposé plainte en décembre 2024 pour harcèlement sexuel et représailles sur le plateau de Jamais Plus. Elle accuse son co-star et réalisateur de comportement déplacé et de création d’un environnement de travail toxique. Le procès concernant cette plainte est prévu pour mars 2026. Il s’annonce déjà comme l’un des plus médiatiques de l’année. La contre-plainte de Baldoni, déposée en janvier 2025 en riposte, est désormais enterrée. Le tribunal a mis fin à ses tentatives de poursuivre ses co-stars, leur agent publicitaire et un journal. L’affaire se concentre donc sur les allégations initiales de Blake Lively.
Justin Baldoni conserve toutefois le droit de faire appel du jugement après que le tribunal aura statué sur d’autres requêtes en suspens. Parmi celles-ci figure la demande de Blake Lively de se faire rembourser ses frais de justice. L’équipe juridique de l’actrice américaine souhaite obtenir le remboursement des honoraires et des dommages-intérêts punitifs. Elle affirme que la plainte de Justin Baldoni était abusive et sans fondement. Cette demande pourrait alourdir la facture pour l’acteur-réalisateur si le tribunal lui donne raison. Elle illustre aussi la stratégie de défense de Blake Lively : transformer la contre-offensive judiciaire en risque financier pour son adversaire.
Contexte : un film, deux versions, une guerre d’image
Pour comprendre l’ampleur de l’affaire, il faut revenir au film Jamais Plus, adapté du roman à succès de Colleen Hoover. Sorti en 2024, le long-métrage raconte une histoire de violence domestique et de résilience. Justin Baldoni en assure la réalisation et y incarne Ryle, tandis que Blake Lively interprète Lily. Le film a rencontré un large public et a généré des recettes importantes. Mais dès la promotion, des tensions ont été perceptibles. Les deux stars ont rarement été vues ensemble lors des interviews et des avant-premières. Les observateurs ont relevé des discours différents : Blake Lively mettait l’accent sur l’espoir et la mode, tandis que Justin Baldoni insistait sur le message social et la prévention des violences. Cette divergence a nourri des spéculations sur un conflit de coulisses.
L’ambiance s’est encore dégradée lorsque des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux. Des internautes ont accusé Blake Lively d’avoir minimisé la gravité du sujet pendant la promotion. D’autres ont défendu l’actrice, estimant qu’elle était victime d’une campagne de dénigrement. C’est dans ce climat que la plainte de décembre 2024 est venue révéler un conflit bien plus profond. Blake Lively y décrit un environnement de travail toxique, des comportements inappropriés et des représailles après qu’elle a osé s’exprimer. Justin Baldoni a toujours nié ces accusations. Sa contre-plainte, déposée en janvier 2025, affirmait que Blake Lively et Ryan Reynolds avaient tenté de s’approprier le film, de nuire à sa réputation et d’extorquer des concessions. Il accusait aussi leur agent publicitaire et un journal d’avoir relayé des informations diffamatoires. Cette contre-attaque est aujourd’hui rejetée pour un motif procédural.
Les enjeux juridiques et médiatiques
L’affaire dépasse le simple cadre du cinéma. Elle pose des questions sur les rapports de pouvoir à Hollywood, sur la manière dont les accusations de harcèlement sont traitées et sur l’usage des poursuites judiciaires comme outil de communication. Les procès en diffamation ou en extorsion peuvent être utilisés pour intimider des accusateurs. Dans ce cas, la justice a rappelé que les règles de procédure s’appliquent à tous, y compris aux stars. Le juge Lewis J. Liman n’a pas validé les accusations de Blake Lively en rejetant la contre-plainte. Il a simplement constaté que Justin Baldoni n’avait pas respecté les étapes imposées pour poursuivre sa démarche. Cette distinction est importante : la décision ne tranche pas la véracité des faits, mais elle modifie l’équilibre procédural.
Pour Blake Lively, l’avantage est double. D’une part, elle n’a plus à se défendre contre une plainte de 400 millions de dollars. D’autre part, elle peut concentrer ses ressources sur son propre procès, prévu en mars 2026. Pour Justin Baldoni, la situation est plus délicate. Il peut encore faire appel, mais il devra attendre que les autres requêtes soient examinées. Son équipe juridique pourrait tenter de démontrer que ce retard n’était pas intentionnel ou que le tribunal a fait preuve de trop de rigidité. Toutefois, les avertissements répétés du juge rendent cet argument difficile à soutenir. La date du 23 juin 2025, puis celle fixée après le 17 octobre 2025, montrent que le tribunal avait laissé plusieurs occasions de corriger le tir.
Un tournant dans la saga
Le classement de la contre-plainte ne signifie pas la fin de la saga. Le procès pour harcèlement sexuel reste programmé. Les deux camps continuent de défendre leur version. Les révélations pourraient encore alimenter les débats pendant des mois. Le monde du divertissement observe attentivement, car l’issue pourrait avoir des conséquences sur la carrière des deux acteurs, sur les pratiques de promotion et sur la gestion des conflits sur les tournages. Les studios et les agences suivent aussi de près les demandes de remboursement d’honoraires, qui pourraient créer un précédent dans les affaires de diffamation liées à des accusations de harcèlement.
Blake Lively et Ryan Reynolds, qui sont mariés et figures majeures d’Hollywood, n’ont pas encore commenté publiquement cette décision. Justin Baldoni et Wayfarer Studios n’ont pas non plus annoncé leurs prochaines actions. Leur droit d’appel reste ouvert, mais il dépendra des décisions à venir sur les requêtes en suspens. En attendant, le feuilleton judiciaire continue de captiver l’industrie. Il rappelle que derrière les tapis rouges et les campagnes marketing, les tournages peuvent devenir le théâtre de conflits profonds. Il montre aussi que la justice, avec ses délais et ses formalités, peut décider du sort d’une affaire avant même que le fond ne soit examiné.
La bataille autour de Jamais Plus n’est donc pas terminée. Elle change simplement de terrain. La plainte de Blake Lively pour harcèlement sexuel et représailles suit son cours. La demande de remboursement d’honoraires et de dommages-intérêts punitifs pourrait devenir un nouveau point de tension. Et l’éventuel appel de Justin Baldoni, s’il se matérialise, pourrait relancer une procédure que beaucoup croyaient close. Pour l’instant, le juge Lewis J. Liman a envoyé un message clair : les règles procédurales ne sont pas optionnelles, même dans une affaire ultra-médiatisée. Ceux qui les ignorent s’exposent à perdre leur journée au tribunal avant même d’avoir pu défendre leurs arguments sur le fond.
Source:RTBF News

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